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viernes, 30 de marzo de 2012

Sur l'esprit sceptique et les sentiments



Bref, un jour quelqu’un nous a fait apprendre que l'on devrait toujours être méfiantes avant de croire (c'est sûrement lié à la période de la renaissance ou à la philosophie grecque), donc on doit être à la recherche de la vérité, des théories prouvées, des pensées réalistes.
Toute une nouvelle génération commence à se prendre au sérieux et essaie de prouver toutes les hypothèses et de mettre en doute tout ce qui pourrait être mise en question.

Puisque c'est ce que quelqu'un de brillant doit faire, c'est logique, il faut remettre en question quelque chose pour bien comprendre de quoi il s'agit. La meilleure façon d'expliquer le monde est toujours la vérité, comme ça on évite de se tromper.
Je trouve ça merveilleux, bien sûr, pour les sciences exactes, la physique, les mathématiques, la médecine, la biologie. Toutes nous ont aidé à avoir une vie plus confortable, a bien comprendre notre univers, et même à apprendre à protéger la planète.

Mais ce genre de logique, de scepticisme, ne fait que violer les concepts humains de base. Si l'on décide de chercher une explication scientifique de l'amour, on trouvera que ce n'est qu'une réaction de l'hypothalamus, un ami devient quelqu’un qui est juste là pour obtenir des bénéfices et si l'échange lui convient il reste et le bonheur devient juste une décharge de dopamine, ocytocine et quelques autres composants.

Les gens commencent à utiliser la vérité absolue pour pouvoir intellectualiser leur vie présente, et plus on le fait plus on s’éloigne des plaisirs simples de la vie. On se défend, si on évite le plaisir et la joie c'est parce qu'on veut pas être déçu après, donc on essaie de tout expliquer pour continuer à avoir le contrôle des choses.

Quand on décide de vivre la vie de cette façon factuelle, une réunion avec les amies devient une analyse de qui est qui et du qu'en dira-t-on, un cadeau devient un “génial, maintenait c'est à moi de trouver un cadeau aussi pour son anniversaire”, un rendez-vous en amoureux devient une analyse du profil de candidat pour le poste de copain ou de futur mari.

Les sentiments de toute façon restent là, et même avec notre analyse détaillée des circonstances à la fin il s'agit de sentiments, donc on vit avec le stress, en mode de fuite, à chaque fois que l'on perd le contrôle sur n'importe quelle situation et que les sentiments sortent ça devient un parcours du combattant.

Pour quoi on essaie de nier les sentiments alors qu'ils continuent bien à être là? A mon avis si l'on a un peu de bon sens on peut se rendre compte qu'il vaut mieux apprendre à guider nos sentiments, à les sublimer pour qu'ils deviennent des actions qui nous amènent à l'épanouissement.
Ici en France on ne sourit pas trop car les gens qui sourient beaucoup ne sont pas pris au sérieux, au Mexique on n'accepte pas que l'on puisse être triste à propos de quelque chose.

Je crois qu'on est des lâches, un beau sourire ne va pas me rendre con, et le fait de souffrir ne veut pas dire que je suis anormal non plus. Il faut arrêter d'avoir peur des émotions qui sont aussi propres aux êtres humains.

A la fin on est tous des êtres mortels, et je suis sûre qu'au moment de notre mort on ne va pas se mettre à réfléchir et à se dire: c'est bon si je meurs c'est parce que mes cellules ne peuvent plus continuer à se renouveler correctement. On ne va pas se dire: oui, c'est pas grave, je comprends: si je meurs c'est parce que mon foie n'arrive plus à faire son travail.

Au moment de notre mort on ne va pas chercher des raisons scientifiques pour lesquelles on est arrivés là, c'est le travail de l’équipe médicale de nous renseigner à propos de ça. Je suis presque certaine que personne ne meurt avec une formule mathématique dans la tête (sauf des exceptions assez bizarres).
Les êtres humains, avant de mourir se mettent à penser à propos de leur vie, aux gens qu'ils aiment, aux moments de bonheur, à l'amour, à la beauté d'un jour ensoleillé, à l'importance de la famille et des amis.

Donc il faut vivre aujourd’hui, faire des erreurs, prendre ses décisions et ne pas se prendre la tête sur ce que pensent les autres, il faut pleurer de temps en temps et apprendre à rigoler, même si on a l'air bête, il faut bien s'amuser, bien vivre et laisser les sentiments s’exprimer quand le moment le mérite.

Il faut être courageux, les gens qui font comme si rien ne les embêtait, qui essaient toujours d’être en contrôle de soi, ce sont les gens les plus lâches.
On peut toujours être intelligent, être réflexif, savoir rester professionnel au travail, et être sérieux s'il le faut, on a tant d'obligations envers la société, mais on peut aussi apprendre à avoir la joie de vivre en même temps.

Marlin Meric